Le moteur asynchrone est largement utilisé en industrie et sur les machines mobiles pour entraîner différents équipements.
Comprendre son fonctionnement est indispensable pour réaliser un diagnostic fiable en cas de panne ou de dysfonctionnement.
Cette fiche présente les principes de fonctionnement du moteur asynchrone ainsi que les éléments à contrôler pour identifier rapidement une anomalie électrique.
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Le moteur électrique asynchrone* transforme l’énergie électrique en énergie mécanique. Il ressort quelques pertes transformées en chaleur.
Le rendement des moteurs asynchrones triphasés peut atteindre 98%.
*Asynchrone : Contrairement à un moteur synchrone, le rotor ne tourne pas à la même vitesse que le champ magnétique. Il subit un glissement lorsqu’il est en charge.
Puissance d’un moteur asynchrone
P = U * I * √3 cos φ
P : Puissance en Watt
U : Tension en Volt
I : Intensité en Ampère
Cos φ : Facteur de puissance (0.8)
Cette formule permet de calibrer les fusibles de type aM (accompagnement Moteur), relais thermique ou GV2 (Disjoncteur magnéto thermique).
Un bobinage traversé par un courant électrique génère un champ magnétique ayant des caractéristiques similaires à celles du courant qui le traverse.
Fig. B les 3 bobinages du stator sont espacés de 120° et sont alimentés par un réseau triphasé équilibré. (1 paire de pôle)
Chaque enroulement est associé à une phase.
En France, la fréquence du courant est de 50 Hz (50 périodes/seconde). Le champ magnétique tourne à 50 rotations par seconde.
1 min = 60 secondes
Soit : 50 * 60 = 3000 tr/min.
Le moteur asynchrone subit un glissement lorsqu’il est en charge. La vitesse nominale (réelle) sera au alentour de 2850 tr/min.
Dans la réalité ce type de stator n’existe pas. Pour obtenir un bon rendement et un fonctionnement normal il doit comporter 6 bobines (Fig. C). (moteur bipolaire = 2 paires de pôles)
La vitesse de ce type de moteur est de 1500 tr/min. {(50*60) /2}
En augmentant le nombre de pôles, la vitesse du moteur diminue et le couple augmente.
La vitesse d’un moteur tétrapolaire (4 paires de pôles) est de 750 tr/min. {(50*60) /4}
A noter : Pour inverser le champ magnétique tournat et le sens de rotation d'un moteur asynchrone, il suffit d'inverser deux phases.
Fonctionnement du moteur asynchrone
Le rotor est constitué de barres d’aluminium noyées dans un circuit magnétique constitué de tôles d’acier empilées. Les barres d’aluminium sont reliées à leur extrémité par 2 anneaux conducteurs pour former la cage d’écureuil.
Lorsque le stator est alimenté, le champ magnétique tournant produit dans les masses métalliques du rotor des courants de Foucault. Ces courants induits produisent des forces électromagnétiques dont l’effet tend à s’opposer à la variation de la cause qui lui donne naissance (Loi de Lenz). Le rotor est entraîné dans le sens du champ tournant à une vitesse légèrement inférieure dû au glissement lorsque le moteur est en charge.
Branchement et couplage d’un moteur asynchrone triphasé
La plaque signalétique indique la puissance du moteur, la vitesse de rotation, le cos φen fonction de la tension et de la fréquence du courant.
Sur la photo ci-dessus, pour un réseau 400 V en 50 Hz, la puissance de moteur est de 5.5 KW pour une vitesse de rotation de 1470 tr/min avec un cos φ de 0.83.
Cosφ ou facteur de puissance : Il représente la valeur de déphasage angulaire entre la tension et l’intensité. En simplifiant, c’est le rendement électrique du moteur.
En fonction de la plaque signalétique, le moteur peut être couplé soit en étoile soit triangle à l’aide des barrettes de couplage.
Plaque signalétique
127/220 V
230 / 380 V
380 V/ 660 V
Réseau
127/220 V
Appelé 220 TRI
En étoile
En triangle
Impossible : sous-tension
Réseau
230 / 380 V
Appelé 380 TRI
Impossible : surtension
En étoile
En triangle
A noter : Les moteurs 230 / 380 TRI est le plus répandu.
Couplage étoile
Un moteur 230 / 380 V bipolaire alimenté par un réseau 380 TRI de 50 Hz doit être couplé en étoile. Il tourne à 1500 tr/min.
Couplage triangle
Un moteur 380 / 660 V bipolaire alimenté par un réseau 380 TRI de 50 Hz couplé en triangle tourne à 3000 tr/min.
Déconnecter la plaque à bornes en repérant le sens des phases et retirer les barrettes de couplage.
Contrôle des bobinages d’un moteur asynchrone
A l’aide d’un ohmmètre calibré sur Ohm, mesurer la continuité entre chaque bobinage. La valeur attendue doit être identique (exemple 158 Ω). Une valeur infinie indique que le bobinage est coupé, une valeur proche de zéro indique que le bobinage est en court-circuit.
Contrôler l'isolement entre les bobinages
A l’aide d’un ohmmètre calibré sur Kilo Ohm, mesurer l’isolement entre chaque bobinage. La valeur attendue doit être infinie (O.L KΩ). Une valeur ohmique indique que les bobinages ne sont pas isolés correctement.
Contrôler l'isolement entre les bobinages et la masse
A l’aide d’un mégohmmètre, mesurer l’isolement entre chaque bobinage et la masse du moteur. Cet appareil délivre une tension de 500 V obligatoire pour un contrôle efficace. La valeur attendue doit être importante (1.9 MΩ).
Diagnostic électrique d’un moteur asynchrone
Sur une installation industrielle ou mobile, un moteur asynchrone peut présenter différents dysfonctionnements :
démarrage impossible,
perte de puissance,
échauffement anormal
déclenchement des protections.
Le diagnostic repose sur le contrôle de l’alimentation électrique, de l’état des enroulements et des conditions de fonctionnement du moteur. Une analyse méthodique permet d’identifier rapidement l’origine de la panne et d’éviter des remplacements inutiles. La compréhension du fonctionnement du moteur asynchrone est essentielle pour interpréter correctement les mesures et intervenir efficacement sur le terrain.